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Une PANHARD au sommet de l’Europe

(ou "Les aventures de Jean-Michel Grenier")

Départ d’Aiguebelette 470m, samedi 17 août.
Pour éviter l’autoroute, nous passons par le tunnel du Chat. Ensuite Chambéry par la route nationale, direction la vallée de la Maurienne, et c’est la première montée, le Col de la Madeleine 2000m. Les touristes se trainent dans la montée et m’obligent à rouler en deuxième, alors que la Panhard en veut plus. Au dessus de 1800m, je sens que le moteur s’essouffle, au sommet à 2000m je me pose des questions, le plus haut col est à 2800m, comment ça va passer ? Descente sur la vallée de la Tarentaise, Moutiers puis Bourg St Maurice. Il fait très chaud, 35°. Nous pique niquons dans la montée du Petit St Bernard, à l’ombre il fait presque frais. La route est très bonne, même phénomène, vers 1800m le moteur n’est plus très brillant, il nous monte quand même au col à 2188m. Nous redescendons par la même route jusqu’à Ste Foy en Tarentaise, puis direction Val d’Isère à 1800m d’altitude. La voiture marche bien. A Val d’Isère, par précaution je démonte le filtre à air pour facilité la respiration du moteur.
Col du petit Saint-Bernard


Le Col de l’Iseran 2764m est avalé d’un trait, les 4 derniers kilomètres en première à 3500 tr/mn, à ce régime je pourrais monter n’importe quelle pente. Descente sur Bonneval sur Arc où se déroulent les Championnats de France de Bucherons, inutile de chercher une chambre, nous sortons la toile de tente du coffre et campons.
Je suis toujours préoccupé par le comportement du moteur. Je branche l’ordinateur sur le calculateur, et je constate qu’avec l’altitude (1800m) la cartographie d’injection n’est pas valable. Elle utilise une zone jamais utilisée en plaine. J’augmente donc les valeurs d’injection par intuition. Je remets le filtre à air. Petite pluie dans la soirée.

Dimanche 18 août.

Ce matin la température est de 3.5°. Au petit déjeuner, le Col du Mont Cenis, donc descente à Lanslebourg, puis direction l’Italie. Je réalise tout de suite le changement de comportement du moteur, mes réglages vont dans le bon sens, la montée se fait facilement sur une route impeccable. 2081m, photo et redescente par la même route, le parcours de liaison est long, 55km, il faut descendre à St Jean de Maurienne, 500m d’altitude, pour trouver la route du col de la Croix de Fer 2068m.
La voiture monte facilement en troisième, mais le mauvais revêtement et les virages serrés n’autorisent que la seconde. La montée est pénible, la traversée de St Sorlin d’Arves est difficile, beaucoup de touristes, nous sommes dimanche, et la route est barrée par des dos d’ânes, plutôt des dos de chameaux d’ailleurs, dans une pente d’au moins 10%, c’est donc chaque fois passage en première. Au dessus de la station, la route devient étroite et les épingles bien relevées, il faut garder de la vitesse pour passer en seconde. Le Col de la Croix de Fer est atteint enfin, 2068m.
Col de la Croix de fer


Nous descendons sur le barrage de Grandjean, croisons beaucoup de cyclistes. En bas c’est la vallée de la Romanche que nous remontons, Bourg d’Oisans, pique-nique. C’est déjà la rampe des Commères, avalée en troisième, puis le Freynet d’Oisans, le barrage du Chambon. La voiture marche à merveille, les autres automobilistes doivent êtres surpris de nous voir tenir un train pareil. Depuis le début de notre randonnée, nous sommes salués par les motards, les cyclistes et les piétons. Le paysage est magnifique, mais je le connais par coeur, la Grave. J’ai plutôt les yeux sur la température d’huile, mais elle ne dépassera jamais 98°. Petite parenthèse mécanique, j’ai remis la turbine d’origine, le moto ventilateur s’étant avéré insuffisant. Inconvénient, dans les grandes descentes la température chute à 60°, lorsqu’il faut accélérer, le moteur est trop froid et donne des à-coups. Après La Grave c’est la montée vers le Lautaret, la voiture monte facilement, la route est large et bonne. Arrêt au col du Lautaret, 2057m. Nous nous faisons remarquer par la foule nombreuse des touristes. D’ailleurs à chaque arrêt, c’est la même chose. On vient nous voir pour nous dire que « mon père ou mon oncle avait la même ». « Elle est magnifique » « De quelle année est-elle », 59 ans, « c’est l’âge de ma femme ». C’est fou ce qu’il y a des touristes avec une femme de 59 ans !
Col du Lautaret


Après le Lautaret, c’est la montée vers le Galibier, facile, 8km, 2642m. Demi-tour au col sans pouvoir nous arrêter pour la photo, il y a trop de monde. Puis c’est la descente sur Briançon, la température de l’air monte, il fait 35° dans Briançon, nous décidons de continuer en direction de L’Izoard pour trouver la fraicheur, c’est finalement à Cervières que nous couchons dans une maison d’hôtes datée de 1731. Nous en profitons pour faire sécher la tente que nous avons pliée mouillée ce matin à Bonneval. Toujours à la recherche de la meilleure performance, je fais quelques modifs dans la cartographie. Nous en profitons pour recharger les batteries des téléphones, altimètre, GPS, et appareil photo.

Lundi 19 août
Nous attaquons l’Izoard en pleine pente, je réalise rapidement que mes dernières modifs ne vont pas dans le bon sens. Nous franchissons quand même le col d’Izoard à 2361m. Mention spéciale pour la qualité de la route, revêtement excellent, route large. Descente sur la vallée du Guil, Château Queyras, arrêt pour admirer l’artisanat du Queyras. Je modifie la carto compte tenu de l’expérience acquise, et puis le prochain col est redoutable.
Montée vers Molines en Queyras à 1600m, la route du col traverse le village, la pente est raide, la rue est très étroite. Puis c’est la montée de 15km vers le Col Agnel 2744m. Finalement nous montons facilement, mes dernières modifs sont bonnes, les 848 cm3 sont bien alimentés. La route est belle. Au sommet le vent souffle et il n’est pas chaud, je suis un peu en travers de la route pour faire la photo.
Col dell'agnello

Retour à Molines, et montée à St Véran, 2011m, village le plus haut d’Europe. Visite du village, tout à coup le temps se couvre, nous redescendons dans la vallée du Guil et pique niquons avec les premières gouttes de pluie. Après le repas nous trouvons la pluie vers Guillestre, elle nous accompagne dans la montée du col de Vars, au sommet 2108m, la neige à fondue depuis notre dernier passage en Mai. Nous prenons un café au col. Le tenancier m’interpelle pour me parler de sa Chenard et Walker de 1930. Puis c’est un touriste qui m’énonce la liste de ses voitures de collection.
Nous retrouvons le beau temps en arrivant dans la vallée de l’Ubaye. Il est 15h30, qu’est ce qu’on fait ?, trop tôt pour camper, à Jausiers le seul hôtel qu’on trouve est un 4 étoiles. Le camping a aussi l’avantage d’être très sécurisant pour la voiture. Nous décidons de monter à la Bonnette. La Bonnette, plus haute route d’Europe culmine à 2802m. La route est excellente, 25km de montée, le paysage est à couper le souffle. La voiture ne donne aucun signe de fatigue, pourtant c’est la quatrième montée de la journée, et pas n’importe laquelle. Au sommet de la Bonnette 2802m il n’y a pas beaucoup de place devant la plaque de marbre qui explique la route. Corinne est très impressionnée il n’y a pas de parapet, c’est vertigineux.
La Bonette


Descente sans problème, j’utilise la deuxième vitesse pour ne pas trop solliciter les freins, et puis nous ne sommes pas pressés. Camping à Jausiers.

Mardi 20 août.

Il reste 3 cols à parcourir. Une boucle de 120km au départ de Barcelonnette. Je décide d’attaquer par le col d’Allos. Ca ne monte pas trop, 7% au maximum dans les derniers kilomètres, mais la route est très étroite et sinueuse, je n’utilise la troisième que rarement. On se retrouve souvent nez à nez avec une voiture sans avoir pu anticiper, et le croisement est parfois difficile. Au col d’Allos à 2247m la vue est magnifique. Le ciel est très pur, la visibilité est exceptionnelle. Nous descendons sur la station d’Allos, puis Colmars, avec un « s » nous ne sommes pas en Alsace. C’est la vallée du Verdon. Pour rejoindre la vallée du Var et le col de la Cayolle, nous devons emprunter une petite route qui par le col des Champs à 2095m fait communiquer les deux vallées. En arrivant à Colmars, lorsque je vois le panneau indiquant le col des Champs, je n’en crois pas mes yeux. La route ressemble à une rampe à 14% qui rentre dans une propriété privé, tellement c’est étroit. Je dois m’y reprendre à deux fois pour faire le démarrage en côte, la rupture de pente est telle que l’arrière de la voiture touche parterre.

Pendant le premier kilomètre on a l’impression d’être dans une voie sans issue tellement ça monte et c’est étroit. Ensuite on s’habitue, il ne faut pas se louper dans les épingles, tous les 200m environ, sinon c’est la marche arrière assurée. Donc première deuxième chaque fois. Et ça monte, et ça monte. Dans les 5 derniers kilomètres, il y a des radiers qui obligent à passer en première, pour ne pas toucher dessous la voiture. Au col des Champs 2095m c’est la récompense le paysage est magnifique, toujours une visibilité extraordinaire, et comme par miracle la route devient excellente, large et bonne, heureusement car il faut tout redescendre, je n’ai pas compté les épingles, mais il y en a … un certain nombre.

Ouf, nous arrivons à St Martin d’ Entraunes dans la vallée du Var. Un panneau donne l’ambiance pour la montée au col de la Cayolle : interdit aux caravanes, interdit au plus de 3m de haut, interdit au plus de 2,4m de large, interdit au plus de 7m de long, et au plus de 4 tonnes. Ca tombe bien nous remplissons toutes les conditions pour emprunter la route.

Et c’est parti pour la montée, toujours pareil, en seconde, la route est très étroite et sinueuse. On a le temps d’admirer le paysage. Mais attention aux mauvaises rencontres comme ce camion de chantier bien gros et hors norme sur cette route.

La montée est longue, mais le bicylindre tourne comme une montre. Au col de la Cayolle à 2326m, je me gare devant le panneau pour la photo, mais très vite je dois partir car les cyclistes font la queue pour la photo. Nous trouvons un coin pour pique-niquer au frais, car le soleil pique très fort. Ensuite simple formalité pour rejoindre Barcelonnette par la vallée du Bachelard.
14h 30, nous prenons un café à Barcelonnette, toujours la même question, qu’est-ce qu’on fait ? il n’y a plus de col, on rentre ? Ok c’est parti, le GPS indique 264km une simple formalité après tout ce que nous avons fait.

Le col de Lus la Croix haute est digéré en quatrième sans problème, nous gardons la quatrième jusqu’à Grenoble. Reste le col de la Placette et c’est l’arrivée à la maison.

Conclusions. Une Panhard c’est solide, je n’ai dû faire que le niveau d’huile. Sinon rien.

Les chiffres : Consommation, 9,5 l/100km sur 1159 km 18825 m de montée 15154m de descente Taux moyen à la montée 32m/mn soit 1920m de dénivelé à l’heure Taux moyen à la descente 29m/mn soit 1740 m de dénivelé à l’heure
Barcelonette



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